"Très bonne conversation" de Mme Rice avec Seif al-Islam, fils de Kadhafi
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a indiqué jeudi avoir eu une "très bonne conversation" avec Seif al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, qu'elle a reçu dans la matinée au département d'Etat.
"C'était très bien", a déclaré la chef de la diplomatie américaine, interrogée par la presse à l'occasion d'une séance de photos avec le diplomate en chef de l'Union Européenne, Javier Solana.
"Nous avons eu une très bonne conversation sur la façon de faire progresser les relations" américano-libyennes, a ajouté Mme Rice.
Elle a précisé avoir soulevé avec ce fils de M. Kadhafi, considéré comme son héritier possible, le cas de l'opposant libyen Fathi al-Jahmi, hospitalisé sous surveillance dans des conditions sanitaires dénoncées par sa famille.
"Nous en avons discuté", a-t-elle dit.
Cet opposant de 66 ans est détenu depuis 2004 pour avoir critiqué le régime de Mouammar Kadhafi, appelé publiquement à la démocratie et rencontré un représentant officiel étranger.
De son côté, interrogé par la presse à sa sortie du département d'Etat dans la matinée, Seif al-Islam a indiqué avoir eu des discussions "excellentes" avec Mme Rice.
Il a précisé avoir rencontré d'autres responsables américains au cours de ce séjour privé aux Etats-Unis, notamment le Conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Stephen Hadley, qui lui a remis une lettre du président George W. Bush destinée à son père.
Seif al-Islam, qui n'a aucune fonction officielle au sein du gouvernement libyen, dirige la Fondation Kadhafi, qui a joué un rôle important dans le règlement du contentieux entre Washington et Tripoli sur l'indemnisation des victimes du terrorisme dans les années 80.
M. Bush a appelé lundi le colonel Kadhafi pour lui exprimer sa satisfaction de voir se clore un "chapitre douloureux" de l'histoire entre les deux pays, comprenant notamment l'attentat de Lockerbie (Ecosse) en 1988.
Tripoli a terminé de verser fin octobre 1,5 milliard de dollars pour indemniser des victimes américaines de l'attentat de Lockerbie, qui avait fait 270 morts en 1988, ainsi que de l'attentat visant la discothèque berlinoise "La Belle", en 1986, fréquentée par des soldats américains. Cet attentat avait fait trois morts et 260 blessés.
L'accord signé entre les deux pays comprenait aussi le versement de 300 millions de dollars pour les victimes libyennes des raids américains lancés contre la Libye le 16 avril 1986, tuant 41 personnes, dont une fille adoptive du colonel Kadhafi.
Ancienne bête noire des Etats-Unis, la Libye est devenue une alliée dans la lutte contre le terrorisme depuis qu'elle a renoncé à ses armes de destruction massive en 2003.